Déménager, c’est sous-côté

Hello à toutes et à tous,

J’espère que vous allez bien ✿

J’ai déjà fait l’annonce sur mes réseaux mais pas encore ici alors ça y est : je déménage, je quitte mon appartement à Evian, mon petit cocon.

Je vous avais fait part, il y a quelques semaines, de ma peur de le quitter (cliquez ici pour lire ou relire l’article).

Parce que ça a été bien plus qu’un appartement, ça a été un lieu dans lequel je me suis construite, reconstruite

Je venais d’arriver dans une nouvelle région, avec un nouveau travail et, comme si ce n’était pas suffisant, je venais de me séparer de mon copain. Celui pour qui j’avais quitté Toulouse et déménagé ici, dans les Alpes.

Et puis, ça faisait 7 ans que j’étais en couple. J’avais enchainé deux longues relations, et c’était le premier souffle que je reprenais, en tant que célibataire.

Ça a été libérateur, mais ça a aussi été angoissant. De me retrouver seule. De devoir me reconstruire, partir de zéro

Comprendre qui j’étais, ce que j’aimais, quelle vie je voulais me construire, moi, vraiment. Sans tenir compte des rêves d’un autre. Juste moi.

Cet appartement, il m’a permis tout ça. Il a été un passage, un passage clé de ma vie.

Alors le quitter, c’est un peu comme dire au revoir à une partie de ma vie

C’est toujours ça, en réalité. Dès que je déménage, j’ai l’impression de dire au revoir à un bout de moi, un bout de mon histoire.

J’ai l’impression de quitter une identité, une peau.

Je ne sais pas vous mais moi, j’ai toujours eu l’impression d’avoir mille vies en une.

✺ Ma vie à Paris me semble être une autre vie.

✺ Ma vie à Toulouse me semble être une autre vie.

✺ Ma vie à Bruxelles me semble être une autre vie.

Et désormais, ma vie à Evian me semble être une autre vie.

Je le vis comme une perte d’identité profonde, pas douloureuse, mais une perte d’identité tout de même

Quitter cet appartement, le vider, le nettoyer, envoyer ce message à mon propriétaire… c’était comme arracher une partie de moi.

Une partie qui ne me convient plus, qui n’est plus alignée.

C’était le bon moment, il était temps.

On le sent, je crois, quand il est temps de passer à un nouveau chapitre de notre vie

Ça m’a pris du temps : 4 mois je pense.

4 mois durant lesquels je n’étais presque jamais dans cet appartement, parce que j’étais toujours chez mon copain. Mais j’étais incapable de passer le cap. C’était trop tôt, pour lui dire au revoir.

Puis, un matin, ça a été l’évidence : il était temps que je le rende.

Je ne sais pas vraiment pourquoi, ce matin-là.

Parfois je crois que le choses prennent du temps à se matérialiser. Mais une fois que c’est fait, il y a urgence à passer à autre chose. À avancer

Je sais, que déménager, c’est avancer.

C’est évoluer vers la suite naturelle et fluide de ma vie.

Mais ça n’en reste pas moins un changement très symbolique et très fort pour moi.

Et je crois que c’est le cas, pour beaucoup d’entre nous. C’est quelque chose de fort, de déménager. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas anodin.

Je crois que quand on est sensibles, on a besoin d’un endroit refuge. Un endroit dans lequel on se sent bien. Un endroit où l’on peut se ressourcer, loin du monde, avec nous-même.

𓆱 Un endroit juste à nous, où personne ne peut venir nous déranger.

𓆱 Un endroit dans lequel déposer nos pensées, notre créativité. Un endroit à nous, rien qu’à nous.

Je sais que cet appartement était tout ça à la fois, pour moi.

Il était le lieu où j’avais posé mes racines. C’est important, ça aussi, en tant que personne sensible

D’avoir des racines quelque part, un ancrage.

C’est sécurisant, c’est rassurant.

Je sais que la vie de nomade, par exemple, bien qu’elle soit très attirante et “à la mode”, ne me conviendrait pas. Parce que je me sentirai complètement déracinée, perdue, comme flottante. J’ai besoin de me sentir en sécurité, ancrée quelque part. Je suis sûre que vous voyez de quoi je parle.

Alors non déménager ce n’est pas rien. C’est une perte d’un bout de soi. D’un bout de notre histoire.

Dans un monde qui valorise le changement constant, je crois que c’est important de rappeler que déménager, ce n’est pas anodin

Ce n’est pas quelque chose qu’on peut faire “tous les quatres matins”.

Bref, je déménage. Et je suis heureuse et mélancolique à la fois.

Un mélange de sentiments qui vous semble peut-être paradoxal, mais qui est en réalité très naturel et sain je crois.

༅ Je suis heureuse d’avancer, de vivre à deux avec mon copain, de passer une étape dans notre couple.

༅ Mais je suis aussi mélancolique de ma vie seule, celle que je m’étais construite.

Pourtant, je suis profondément alignée et sûre de ma décision. Il était temps. Il était temps de lâcher cet appartement.

J’ai mis du temps, à sauter. À lâcher.

J’avais peur des “et si on se sépare ?”, “et si ça se passe mal?

Je crois que ce sont des questions qu’on se pose toutes.

Mais on ne peut jamais avoir la réponse, à tout.

Sans sauter, on ne peut pas savoir ce qu’il y aura après.

Peut-être que ça se passera mal. Mais peu importe, parce que j’aurai quitté mon appartement sans le regretter. Et que j’aurai été alignée, en prenant cette décision.

𓆸 Il n’y a pas de mauvaise décision, que des décisions non alignées

Celle-ci est, je crois, une des plus alignées que j’ai prises depuis longtemps.

J’espère que ces lignes vous auront inspiré à “sauter dans le vide”, si celui-ci vous appelle.

Mais j’espère aussi qu’elles vous auront aidé à mieux vous comprendre, vous et votre sensibilité. J’ai mis du temps, à comprendre que c’était normal d’être autant touchée par des choses simples, comme déménager.

Mais maintenant je ne culpabilise plus, je ne me blâme plus. Tout est juste.

Je vous embrasse fort,

À mardi prochain,

Florine

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