Ma grand-mère a été trompée par sa propre soeur

Et j'ai compris pourquoi, depuis toujours, je me sens trahie

Hello à toutes et à tous,

J’espère que vous allez bien, vraiment. ♡

Je n’en parle pas sur mes réseaux sociaux mais, depuis deux semaines, je suis assez mouvementéeémotionnellement.

La raison ?

Tout commence il y a deux semaines.

Je suis avec ma mère, à Toulouse, lorsqu’on décide de réserver un soin énergétique avec une masseuse qu’on affectionne particulièrement.

Le lendemain, nous voilà donc sur la route pour Foix, dans les Pyrénées.

Lorsqu’on arrive dans ce petit village et qu’on pénètre dans la roulotte de cette femme, c’est comme si on avait fait un saut dans le temps.

L’odeur de sauge est partout, la lumière est faible - seules les bougies éclairent la pièce et la musique nous transporte déjà dans un état de transe.

Elle commence à me tirer les cartes, et me dit - instantanément :

“Il y a de vieilles blessures qui refont surface en ce moment, mais elles ne t’appartiennent pas

Il n’y a jamais de hasard.

⟣ Le matin-même, sur la route, j’avais décidé que je lui parlerai de ça : depuis quelques jours, je me voyais être de plus en plus jalouse, de plus en plus possessive, à ne pas pouvoir en dormir la nuit. Je me sentais trahie, et dès que j’y pensais, j’avais envie de vomir.

Je croyais ces blessures loin derrière moi mais, ces derniers temps, elles avaient refait surface et étaient à vif - comme elles l’avaient rarement été.

Donc, quand elle m’a dit cette phrase, juste cette phrase, ça a résonné. C’est venu confirmer ce que je pressentais au plus profond de mes tripes.

Puis, pendant qu’elle me massait, le même prénom me revenait : celui de la soeur de ma grand-mère maternelle - Jeanne

Une femme que je n’avais pas connu, dont je n’avais presque jamais entendu parler. Je savais juste qu’elle était brouillée avec ma grand-mère, parce qu’elle l’avait trahi.

✦ Pendant 1h30, son prénom me revenait sans cesse.

Je savais, que ce n’était pas un hasard.

Je savais, qu’il fallait que j’aille creuser de ce côté-là.

Sur le chemin du retour, j’ai demandé à ma mère ce qu’il s’était passé entre ma grand-mère et sa soeur.

C’est fou, quand j’y pense, de ne pas lui avoir demandé avant. On oublie, je crois, en tant qu’enfant, que nos parents ont eu une vie avant nous. Une vie de femme, pas de mère ou de grand-mère seulement.

𓆸 C’est là, que ma mère m’a révélé l’histoire en entier :

“Ta grand-mère était enceinte de son premier enfant, de 8 mois.

Un soir, elle est rentrée plus tôt que prévu du travail. En garant sa voiture, elle a commencé à entendre des bruits. Elle a traversé le hall d’immeuble puis s’est rendue dans son appartement.

C’est là, qu’elle a découvert l’horreur : son mari, avec sa propre soeur - Jeanne. Dans le lit conjugal. En plein acte.

Elle a hurlé. Elle a suffoqué. Elle a tenté de se suicider. Et elle a perdu son enfant.

Pour en rajouter une couche, ses parents ne l’ont jamais soutenue - ils ont défendu sa soeur et son mari.

Pire encore, quand elle croisait sa soeur en ville, celle-ci la narguait et lui reprochait de ne plus la laisser coucher avec son mari.

Ta grand-mère a vécu la pire des trahisons, la plus immorale, la plus ignoble, celle qui donne la gerbe, celle qu’on n’imagine même pas devoir vivre dans sa vie

Voilà, Florine, l’histoire que tu portes.”

Je suis restée bouche bée. Déjà parce que l’histoire était horrible mais surtout, parce que j’avais enfin compris.

✺ J’avais enfin compris ce qui refaisait surface depuis quelque temps.

✺ J’avais enfin compris pourquoi je ressentais constamment ce poignard dans le dos, celui qui venait s’enfoncer dans mes entrailles et remuer toute la boue qu’il y avait à l’intérieur.

✺ J’avais enfin compris d’où venait ce profond sentiment de trahison, ce sentiment de quelque chose de sale, de crade, de vicieux.

Je ne pensais pas que ça m’aiderait autant, de poser des questions sur ma lignée

Parfois, quand je lis des textes sur l’importance de se plonger dans son passé, dans le transgénérationnel… j’ai l’impression qu’on se prend un peu trop la tête.

Parfois, je me surprends même à penser que ce ne sont que des excuses, des justifications qui nous empêchent de passer à l’action et de changer, vraiment.

Mais je réalise aujourd’hui mon erreur de penser comme ça :

Parfois, on a mal parce qu’on porte le mal-être de nos ancêtres

Surtout ceux dont on est proches : mon deuxième prénom est celui de ma grand-mère maternelle.

𓆱 Pas étonnant, que je porte sa souffrance et sa trahison sur les épaules.

Pas étonnant, que je ressente le besoin de parler de son histoire et de la poser à l’écrit, pour que personne ne l’oublie.

Son histoire, c’était devenu une partie de moi. Et j’avais beau la refuser, me dire que ça n’avait aucun impact, ce n’était pas vrai.

J’avais besoin de le nettoyer, de lâcher cette histoire sombre et sale qui ne m’appartient pas

De ne plus ressentir cette trahison, comme si c’était moi qui avais trouvé mon mari avec ma propre soeur dans mon lit.

Et je ne dis pas que demain, je ne serai plus jalouse ni possessive. Que je ne ressentirai plus aucun sentiment de trahison et d’injustice.

Non, je ne crois pas qu’une mémoire transgénérationnelle - aussi forte et aussi intense - parte en un jour seulement.

Parce que c’est devenu plus qu’une histoire, c’est devenu une partie de mon identité et de mon fonctionnement. Depuis 28 ans.

Mais avec le temps, je suis certaine que ça va s’apaiser. Que cette souffrance, que ce sentiment d’être constamment trahie, va me laisser en paix.

Alors j’espère que cette histoire, bien qu’elle soit sombre et sale, vous donnera l’élan de poser des questions à votre famille sur votre lignée.

Ma grand-mère maternelle est décédée et, pour être honnête, je regrette de ne pas lui avoir posé de questions quand j’en avais encore l’occasion

Peut-être qu’elle ne m’aurait pas répondu, mais au moins j’aurais essayé.

Heureusement, j’ai eu la chance que ma mère se souvienne de cette histoire, et qu’elle soit disposée à me la raconter.

Parce que ce n’est pas qu’une simple histoire. C’est l’histoire de ma famille, de mes ancêtres, du poids qu’elles ont porté. C’est une partie de moi, de la femme que je suis devenue aujourd’hui.

Une histoire comme celle-ci, c’est en thérapie qu’on en parle et qu’on la libère. Ce n’est pas en restant toute seule et en croyant dur comme fer qu’on va “guérir de notre côté”.

Croyez-moi, c’est l’erreur que j’ai faite pendant tant d’années. Mais parfois, je crois qu’il est nécessaire de poser un pied à terre et de savoir demander de l’aide. Parce que certaines mémoires sont trop lourdes pour être gérées de notre côté.

Et si vous en ressentez le besoin, n’hésitez pas à m’écrire un message pour me partager le poids de votre lignée que vous portez. Ça ne remplacera jamais une vraie thérapie, mais je suis toujours disponible pour vous écouter et vous aider à avancer. ♡

Je vous embrasse fort,

À mardi prochain,

Florine

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J’ai fait la paix, avec le fait de changer tout le temps d’avis