Oui, j’ai trahi (et c’est douloureux à admettre)
Hello à toutes et à tous,
J’espère que vous allez bien en ces premiers jours de mars et que vous ressentez déjà l’énergie du printemps arriver. ✿
Ces dernières semaines, de façon totalement inconsciente et intuitive, j’ai beaucoup écrit sur mes peurs : ma peur de quitter mon appartement, ma peur de ne pas retrouver mieux après, ma peur de l’avion…
…Et comme je ne crois pas au hasard, j’ai compris que c’était une invitation à creuser au plus profond de mes peurs. Et à vous le partager.
⟣ Cet article est, de loin, le plus intime et le plus difficile à écrire pour moi. Parce qu’il vient toucher une blessure très profonde, que je viens de découvrir il y a seulement quelques semaines.
J’imagine que vous êtes familier.e.s avec les 5 grandes blessures que nous portons, à un degré variable selon chacun.e : l’abandon, le rejet, l’humiliation, l’injustice et la trahison.
J’ai toujours cru que ma blessure fondamentale était la blessure d’abandon
C’était une évidence pour moi. Celle que je ressentais le plus profondément dans mes entrailles.
Pourtant, un jour, ma prof d’hypnose m’avait dit :
“Tu crois que la blessure d’abandon est la plus profonde chez toi, mais ce n’est pas le cas.
La blessure la plus douloureuse, la plus ancienne, c’est celle que tu ne soupçonnes même pas. Parce que ton inconscient cherche à te protéger de la douleur qu’elle te procurera lorsqu’elle émergera”.
Sur le moment, je n’avais pas compris.
Je me disais qu’elle se trompait, qu’elle projetait… Bref, que je n’étais pas concernée.
Jusqu’à début janvier. 𓆱
Je ne sais pas si vous vous souvenez mais en début d’année, j’avais posé l’intention de travailler sur ma lignée masculine. Et sur tout ce qui allait avec.
Je pensais devoir travailler sur l’injustice, l’humiliation… mais c’est la blessure de la trahison qui est remontée. Seulement quelques jours après.
Des amis m’ont posé la question : “Qu’est-ce qui te fait le plus peur en amour ?”. Ma réponse a été immédiate : “Être trahie”
Je ne sais même pas pourquoi j’ai dit ça sur le moment, mais c’est ça qui est sorti.
𓆸 Avant, j’avais peur d’être abandonnée, d’être quittée. Maintenant, j’ai peur d’être trompée.
La bonne nouvelle c’est que ma blessure d’abandon est aujourd’hui apaisée. La moins bonne, c’est que désormais, une blessure encore plus ancienne, plus profonde et douloureuse est remontée à la surface.
Et ce n’est pas simplement “avoir peur d’être trompée”. Je pense que personne sur Terre n’a envie d’être trahie.
Non, là c’est viscéral.
Rien qu’en y pensant, j’ai les entrailles qui se serrent et la gorge qui se noue
J’ai de la colère qui émerge, les “mais comment on peut faire ça à quelqu’un d’autre ?”…
… Les jugements qui refont surface : “si on est capable de trahir, c’est qu’on ne se respecte pas soi-même”
Et ça, je sais que c’est le signe que quelque chose est activé.
On le sent, quand une blessure est à vif. On est emporté.es par nos émotions, on sent le rouge monter aux joues, les larmes apparaitre au coin des yeux et surtout, on ne se sent plus en maîtrise de nous-mêmes…
⊹ Le problème, c’est que souvent, on ne sait pas quoi faire de cette peur. ⊹
Moi la première.
Début janvier, je ressentais viscéralement cette peur d’être trahie. Mais je ne savais pas comment travailler dessus pour l’apaiser.
⟣ Nos plus grandes peurs sont toujours une invitation à regarder à l’intérieur de nous
Il a fallu que je ressente tant de colère qu’au bout d’un moment, je me mette face à moi-même et que je me dise :
“C’est soit tu restes en colère contre ceux qui trahissent et dans la peur que ça t’arrive, soit tu creuses à l’intérieur de toi pour voir ce que ça vient soulever”.
Et c’est difficile. C’est difficile parce que ça demande de mettre de côté notre ego, celui qui nous protège et cherche à tout prix à nous éviter de souffrir.
Mais j’ai réussi à me poser avec cette réflexion : “Les autres ne sont qu’un miroir. Si ça te met tant en colère, c’est que ça vient mettre en lumière quelque chose chez toi”.
C’est là que je me suis posée la question fatidique : “Est-ce que toi, tu trahis les autres ? Pire, est-ce que tu te trahis toi-même, parfois ?”
La réponse aux deux questions était oui.
Ça a été difficile, de l’assumer. Ça m’a pris quelques jours, d’avoir la force de mettre de côté mon mental qui me criait “non, tu n’es pas comme ça, ce sont eux les c**nards, toi tu es la gentille fille loyale et fidèle”.
Mais ce n’était que l’image de moi à laquelle je voulais adhérer.
Oui, je suis loyale et fidèle, mais j’ai aussi trompé, trahi et menti
⋆ J’ai donné de fausses excuses pour ne pas aller à un rendez-vous.
⋆ J’ai trompé un ancien copain par le passé.
⋆ J’ai coupé des amitiés du jour au lendemain, sans explications.
⋆ Etc…
Ça, c’est de la trahison. Pourtant sur le moment, je ne le voyais pas comme tel.
Parce qu’on se trouve des excuses (ce qui est légitime et juste en soi) : “il ne me respectait pas, il parlait à d’autres filles, donc ce n’est pas vraiment de la tromperie, il l’a cherché”.
C’est vrai, mais ça reste ce que c’était.
Pire encore, je me trahie moi-même : en n’allant pas au bout de mes projets, en ne croyant pas en moi…
Je ne me rendais pas compte que c’était des bouts de trahison, à chaque fois. Du manque de respect envers moi-même.
C’est encore dur de l’écrire aujourd’hui, pour être honnête. Parce que ça vient challenger d’une telle force que c’est dur à assumer.
Mais j’essaie de me concentrer sur le fait d’avancer, d’évoluer, de me dépouiller…
… Et je sais que ça passe par le fait de réaliser que les peurs qu’on projette, sont souvent celles que l’on s’inflige à soi-même en premier.
Ça demande de mettre l’émotionnel sur pause, de mettre nos traumatismes et jugements de côté, mais une fois qu’on y arrive, c’est comme si on se retrouvait face à notre propre blessure.
C’est comme si on avait enfin fini de creuser et qu’on trouvait le trésor caché. Je sais, sur le moment, ça n’a rien d’un trésor, ça a plutôt l’air d’être une malédiction.
Mais si on arrive à apaiser cette douleur vive, c’est là, que se trouve le trésor ✺
J’espère que cet article vous inspirera à apaiser vos blessures les plus profondes. Même si c’est douloureux. Même si ça demande du temps. Parce que je crois, au final, que c’est le plus beau cadeau que l’on puisse se faire.
Je vous embrasse fort,
À mardi prochain,
Florine