J’ai peur de l’avion
Hello à toutes et à tous,
J’espère que je vous retrouve en forme cette semaine ♡
Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler d’un sujet que j’aborde très peu mais qui pourtant, j’en suis sûre, est partagé par un grand nombre de personnes.
Je prends l’avion dans 2 semaines pour aller voir ma soeur en Tanzanie, et je suis terrifiée.
Et quand je dis terrifiée, ce n’est pas une exagération.
Ça m’empêche d’en dormir la nuit. Dès que j’y pense, j’ai le coeur qui se soulève. Et je n’ose même pas penser au jour J.
Une vraie phobie, qui s’est déclenchée à mes 25 ans. Suite à un mélange d’évènements :
• Un vol vers le Mexique avec des turbulences à en croire que j’allais m’écraser en plein océan
• Une agression, ce même été à quelques jours d’intervalle, qui m’a laissé croire que c’était mes derniers instants
• Et surtout, une prise de conscience aiguë, immédiate, du temps qui passe.
On dit souvent que nos phobies se déclenchent aux alentours des 25 ans. Parce qu’on sort de l’insouciance 𓆸
C’est un âge auquel on se pose des questions sur la vie, sur nous-même. On est davantage conscients de notre propre finitude, on perd nos premiers proches…
C’est un âge auquel on grandit vite, où notre corps comprend que ça peut se finir.
Et ça vient réveiller de vieilles peurs enfouies.
Personnellement, à mes 25 ans, ça a été une explosion. Une explosion de mes peurs.
Je suis devenue beaucoup plus peureuse.
Je suis devenue beaucoup plus consciente des risques que je prenais.
Je suis devenue, en réalité, beaucoup plus consciente du fait que je puisse mourir. Et que je n’en avais pas envie.
Tout à coup, être dans un avion me paraissait être une aberration.
Prendre conscience du fait que j’étais à des kilomètres au-dessus de la Terre, dans les airs, me paraissait totalement lunaire.
J’avais la sensation de ne plus avoir d’ancrage, de perdre mes repères.
D’ailleurs, j’ai appris que c’était plutôt normal, cette sensation de déconnexion totale : ça fait seulement quelques dizaines d’années que nous pouvons voler dans les airs. Sur l’échelle de l’humanité, ce n’est rien.
⟣ Notre corps n’a pas encore eu le temps de s’habituer. Ce n’est pas naturel, pour nous, de voyager aussi loin de la Terre. C’est normal que ce soit perturbant, déstabilisant, surtout quand on a une conscience aiguë de son propre corps.
Je dis ça parce que personnellement, je ressens intensément et profondément le stress que ressent mon corps lorsqu’il prend l’avion.
Je ressens le fait qu’il ne comprenne pas ce qui lui arrive.
J’ai les mains moites, je tremble, je ne peux rien avaler… Et mon cerveau rationnel se met totalement sur pause.
Dans ces moments-là, je pense que c’est pareil pour vous si vous avez une phobie - que ce soit l’avion ou non, il n’y a que la peur qui parle. Parce qu’elle est totalement et pleinement activée.
C’est pour cette raison que si quelqu’un me dit (ce qui arrive souvent), “tu as plus de chance de mourir en prenant ta voiture qu’en prenant l’avion” ou “un avion ne peut pas s’écraser à cause des turbulences”, ça ne sert à rien.
Parce qu’à ce moment-là, mon cerveau n’est juste pas capable d’entendre ces arguments rationnels. Et c’est normal. Je ne lui en veux pas. Il est juste pleinement dans sa peur, en mode survie.
Ces personnes ne veulent pas mal faire - au contraire, je crois plutôt qu’elles veulent nous aider, mais il faut être consciente du fait que ça ne va pas fonctionner. Que ce n’est pas ce dont on a besoin, à cet instant T.
On a juste besoin d’être écoutée, de ne pas être jugée et d’être accompagnée. De se sentir soutenue, même si notre peur parait “débile” à leurs yeux.
On a tous des peurs un peu irrationnelles, et je crois qu’il est bon de ne pas juger trop fort celles des autres qu’on a du mal à comprendre.
On lutte tous avec nos démons.
Et en prenant l’avion dans 2 semaines, j’ai l’impression de lutter un peu contre le mien. De regarder ma peur en face, et de lui dire “viens, on est terrifiées mais on y va quand même”.
Ce n’est pas facile, je sais. Et je ne serai jamais de celles qui diront “si tu as peur, fais le”, comme je le lis souvent :
✦ “J’avais peur de quitter ce travail alors je l’ai fait”
✦ “J’avais peur de partir seule à l’étranger alors je l’ai fait”
✦ “J’avais peur de sauter en parachute alors je l’ai fait”
Je crois que la réalité est plus nuancée.
C’est bien d’aller à l’encontre de nos peurs, mais si on le fait trop tôt ou de la mauvaise façon, ça peut les empirer.
Notre corps peut vivre ça comme un choc, un traumatisme.
Il faut savoir respecter son délai. Nous ne sommes pas des machines, il est bon de ne pas l’oublier.
⊹ Non, parfois, quitter ce travail qui ne nous plait plus n’est pas la solution. Si on le fait trop tôt, ça va seulement mettre notre corps dans un tel état de stress que notre système de survie va être totalement activé.
Comme si notre corps revivait un traumatisme, en continue, chaque heure de la journée. ⊹
Parfois il faut attendre que le bon moment se présente.
Le moment où ça se fera de façon fluide, pas sans peur, mais où ce sera comme une évidence.
Et ça peut induire de devoir attendre quelques mois de plus dans ce travail qui ne nous plait plus.
Personnellement, j’ai attendu 3 ans et demi avant de reprendre l’avion. Avant, rien que d’y penser, j’avais les mains moites, des sueurs froides, le coeur qui battait dans ma poitrine.
Aujourd’hui, j’appréhende, j’y pense, mais tout mon corps n’est plus en alerte.
Alors je crois que c’est le bon moment de prendre ma peur par la main et d’y aller quand même.
𓆱 Et je crois aussi que c’est un formidable exercice de lâcher prise.
De confiance.
Parce que je pense que si j’en ai si peur, c’est parce que j’ai l’impression de remettre ma survie entière à un seul homme.
De n’avoir aucun contrôle sur ma vie ou ma mort. De n’avoir aucun échappatoire si un incident se produit.
Quand j’en parle à des personnes qui ont peur de l’avion, c’est souvent cet argument que j’entends.
Et je le comprends tellement.
Mais je crois que j’en suis à un stade où j’ai besoin de lâcher, de faire confiance et de me laisser porter. Littéralement porter.
⋆ De me dire que je ne peux pas tout contrôler. ⋆
Même si c’est frustrant. Même si c’est terrifiant.
C’est dur, de remettre les clefs de notre vie entre les mains de quelqu’un.
Que ce soit dans un avion, mais aussi dans une relation. En tout cas ce parallèle est, pour moi, flagrant.
Chaque jour, j’ai l’impression de remettre les clefs de mon bonheur entre les mains de mon copain. Pas dans un sens de dépendance, mais dans un sens de : “je t’aime, et maintenant que tu sais ça, tu as le pouvoir de me briser le coeur, même sans le vouloir”.
Ça demande un tel lâcher prise, une telle confiance en l’autre et en la vie, de s’abandonner à un homme.
Surtout en tant que femme, aux vues des abus et trahisons que nous avons vécues par le passé.
Bref, je m’égare, mais je pense que j’écrirai un article à part entière sur le sujet si ça vous intéresse.
J’espère en tout cas que cet article vous aura plu,
J’ai choisi de parler de la peur de l’avion mais, en réalité, je crois que ça peut résonner pour toutes nos peurs. J’ai par exemple aussi la phobie de la profondeur, je suis incapable de nager dans une eau où je n’ai pas pied.
Comme je l’ai dit, on a tous nos démons, et on doit tous vivre avec chaque heure de la journée.
Le plus important est d’essayer, si possible, de ne pas les laisser dicter notre vie. En prenant l’avion, je me fais violence mais j’essaye de montrer à mon cerveau que voir ma soeur et ma nièce est plus important.
Dites moi quelles sont vos peurs, vos phobies… Je serai ravie d’échanger avec vous sur ce sujet que je comprends tellement ♡
Je vous embrasse fort,
À mardi prochain,
Florine