“Celle qui n’aimait pas les enfants”
Hello à toutes et à tous,
Aujourd’hui est un jour un peu spécial, car je vous écris de mon transat sous un cocotier à Zanzibar ✴︎
J’y suis pour quelques jours, après avoir passé une semaine entière chez ma sœur, aux pieds du Kilimandjaro.
Et honnêtement, au moment de commencer l’écriture de cet article, je ne savais pas de quoi j’allais vous parler.
Pas parce que je n’ai rien à dire, mais parce que, au contraire, j’ai tant vécu ces derniers jours.
⟣ Je suis partie il y a 10 jours à peine de Genève, pour rejoindre la Tanzanie et rencontrer ma nièce
Mais j’ai l’impression que ça fait plus d’un mois.
Déjà, parce que depuis dimanche dernier, je suis tata. Officiellement tata.
Même si ma nièce est née début janvier, les rencontres ont été une explosion pour moi.
Vous savez, j’ai toujours été celle qui n’aime pas les enfants, qui ne les trouve pas mignons, qui est presque gênée de voir une femme enceinte ou de devoir porter un bébé.
Pendant plusieurs années, j’ai même douté de vouloir devenir mère
Alors quand ma sœur est tombée enceinte puis a accouché, j’ai su que je devais aller rencontrer ma nièce en Tanzanie. Mais je n’avais aucune idée de la façon dont ça allait se passer.
𓆱 Même ma sœur, elle me l’a avoué, appréhendait.
Parce que c’est vrai, j’avais prévu de passer seulement 5 jours chez elle, et c’était déjà bien assez.
Je pensais m’ennuyer, ne pas savoir quoi faire avec le bébé. Bref, j’avais prévu de la rencontrer, et de repartir vite fait
Vous vous en doutez, ce n’est pas du tout ce qu’il s’est passé.
J’ai instantanément eu une connexion avec Elara ✴︎
Dès que j’ai posé les yeux sur elle et que je l’ai prise dans mes bras, elle m’a souri. On s’est souri.
Elle m’a pris le doigt, et elle l’a serré.
C’était le premier bébé que je portais de ma vie. Je n’avais aucune attente, je pensais ne rien ressentir.
Pourtant, c’est l’inverse qu’il s’est produit.
☽ Elle m’a appris à donner de l’amour à un petit être de deux mois
✦ Elle m’a appris à ralentir, à ne pas courir après les « Je suis en Tanzanie, il faut profiter, je dois absolument visiter quelque chose aujourd’hui ».
✦ Elle m’a appris à ne pas vouloir absolument rentabiliser mon voyage, à me contenter de me lever à 9h, et de rester avec elle jusqu’en milieu d’après-midi, sans vraiment savoir où les heures étaient passées.
Le temps passe si vite, à ses côtés. On la regarde dormir, on lui donne à manger, on la berce, on lui chante une chanson… et il est déjà l’heure de recommencer.
C’est une invitation à se recentrer sur ce qui compte vraiment.
C’est vrai, avec elle, tous mes problèmes me paraissaient insignifiants
C’est comme si en quelques secondes, elle remettait tout à sa juste place.
Sans rien faire, sans rien dire.
Juste en étant elle-même.
Mais surtout…
Elle est venue réveiller quelque chose en moi : ma certitude de vouloir des enfants
Depuis 2 ans, je sais que je veux des enfants.
𓆸 Je vous en avais déjà parlé, j’ai eu un déclic à mes 27 ans (l’article est juste ici). Une sorte d’horloge biologique peut-être, mais en tout cas la certitude de vouloir avoir un jour ma propre famille.
Mais je crois que c’était resté au niveau intellectuel. Au niveau de la raison.
Oui, je voulais être mère, je le savais. Mais je ne le ressentais pas encore dans mes tripes ✴︎
C’est là, quand j’ai posé les yeux sur Elara pour la première fois, que j’ai compris avec tous mes sens et toute mon intuition, la raison pour laquelle je voulais devenir mère.
Je l’avais compris avec ma tête, là je l’ai compris dans toutes mes tripes.
Pourtant, je sais que je n’en veux pas tout de suite.
J’ai encore envie de profiter de la liberté qu’offre une vie sans enfant
J’ai encore envie de rester concentrée sur mes projets personnels, sur mes amis, sur ma relation de couple… avant de bâtir quoi que ce soit.
Parce qu’en voyant ma sœur avec sa fille, j’ai aussi compris (même si c’était déjà évident) qu’avoir un enfant, ça change la vie.
Ça change le rythme, ça change les plans, ça change le fonctionnement.
Et pour l’instant, je ne suis pas prête à tout faire tomber. Mais un jour, je sais, je le serai.
C’est étonnant, ce moment étrange où l’on sait… mais pas encore.
Ce moment où on sait profondément qu’on veut des enfants, tout en sachant qu’on n’en veut pas maintenant
C’est comme si on recevait un appel, mais qu’on décidait de ne pas décrocher et de le mettre en attente pour plus tard.
༄ C’est comme un tic-tac en fond. Pourtant, en même temps, il y a cette envie de profiter et de continuer à se construire en tant que femme seulement.
Parce qu’après, il y aura une nouvelle identité : celle de maman
On ne sera plus seulement une femme, on sera une maman. Et avant de pouvoir devenir une maman, j’ai besoin de me construire en tant que femme. J’ai besoin d’expérimenter, de me découvrir, de vivre.
Alors aujourd’hui, sous mon cocotier, en train de siroter mon jus d’ananas, je fais le point sur tout ce qu’il s’est passé ces derniers jours :
⟡ J’ai surmonté ma peur de l’avion - que je n’avais pas pris depuis 4 ans, pour rencontrer ma nièce.
⟡ J’ai découvert une nouvelle forme d’amour - l’amour à l’état pur que je suis capable de porter à un tout petit être.
⟡ Et j’ai découvert que je suis prête - un jour, quand ce sera le bon moment, à fonder moi aussi ma propre famille.
Sur ce, je retourne profiter de ces quelques jours de soleil et de chaleur. J’aime mes montagnes, mais je vous avoue que c’est un bonheur immense d’être ici, au bord de l’eau, à ne rien faire.
Juste me prélasser. Juste me recharger.
Sans injonction, sans « il faut que je crée du contenu ».
Juste prendre du temps, pour moi, et moi seulement.
Je vous embrasse fort,
À mardi prochain,
Florine