Ma leçon de 2025 : garder confiance en moi malgré les tempêtes (et il y en a eu)
Je lis partout sur les réseaux que 2025 les a retournés.
Personnellement, elle ne m’a pas retourné, mais elle est venue gratter.
Elle est venue soulever mes traumatismes les plus enfouis. Pour me les mettre en pleine face. En plein visage.
Pour que je ne puisse plus les nier. Pour que je n’ai d’autre choix que de les travailler.
Cette année, j’ai ressenti de la souffrance comme je n’en avais pas ressenti depuis longtemps.
Parce que c’est venu chercher profond, très profond. C’est venu chercher une de mes plus grandes blessures, celle que j’ai depuis l’enfance.
Ne jamais me sentir assez. Pas assez intelligente, pas assez belle, pas assez drôle.
Me comparer aux autres femmes.
Me demander constamment ce que les gens qui m’aiment peuvent bien trouver chez moi.
Et surtout, ma valeur. Me sentir suffisante, me sentir confiante, même si je ne suis pas reconnue. Même si je suis trompée. Même si je suis rabaissée.
Ces 3 dernières années, j’ai travaillé à bâtir une confiance en moi. À me sentir bien dans mon corps, dans ma peau, dans ma personnalité.
Même quand tout va bien, c’est toujours fragile. C’est un travail de chaque jour, en réalité.
Cette année, je croyais avoir posé des fondations solides.
Je me sentais bien, alignée, confiante, sereine. Pour la première fois de ma vie. Puis, comme toujours, l’univers est venu me tester.
Me tester pour voir à quel point j’étais allée gratter. À quel point j’avais bâti une confiance assez solide en moi.
Parce que ce n’est déjà pas facile d’être sûre de soi et de sa valeur quand tout va bien, mais c’est encore pire quand tout va mal.
Et ça a touché les deux domaines majeurs dans ma vie : l’amour et le travail.
En juin dernier, je me sentais bien dans ma peau. Je venais de rencontrer un homme, et je l’ai présenté à une amie. À ce moment-là, ça ne m’aurait jamais traversé l’esprit qu’il aille la draguer. Sauf que c’est ce qu’il a fait. Et là, là, c’est venu m’ébranler.
C’est venu me tester.
Tester ma solidité à ne pas me comparer à mon amie.
À rester sûre de ma valeur, de mes qualités, de ce que j’ai à apporter.
À traverser cette trahison sans me remettre en question.
À m’aimer autant. À oser rencontrer quelqu’un d’autre, et le présenter à nouveau.
C’est vraiment, vraiment, venu me travailler. Pendant plusieurs mois, je me suis demandée « pourquoi ? ». J’ai déjà vécu la trahison en amour. J’ai déjà été trompée. Alors pourquoi. Je pensais avoir compris la leçon. Mais ce n’était pas la même.
À l’époque, j’avais compris que rien n’empêche la tromperie. Pas même le contrôle, pas même l’amour. Mais là, c’était différent.
Là ça venait me dire :
« Tu es toujours aussi suffisante, même si cette personne en face te fait ressentir comme moins que rien. Même si elle te traite comme si tu n’étais pas assez ».
Ça, je l’ai compris il y a quelques jours seulement.
Quand j’ai eu une autre claque, au travail. J’en avais déjà pris une grosse, d’ailleurs, en octobre. Parce que je travaillais comme une acharnée pour cette boîte. Quand je travaille pour quelqu’un, c’est tout ou rien. Je ne sais juste pas faire autrement. C’est pareil dans mes relations.
Bref. Je travaillais comme une acharnée, et pourtant mon travail n’était pas valorisé. Ce n’est même pas que c’était neutre. C’est que c’était rabaissé, comparé, banalisé.
Comme si ce que je faisais n’était pas assez.
Comme si ce que je faisais ne pourrait jamais égaler ce que d’autres personnes faisaient.
Tout ça alors que moi, à l’inverse, je criais pour être reconnue. Pour être validée. Pour qu’on me dise « je vois à quel point tu travailles, à quel point tu as fait des progrès ».
Mais là encore, je me trompais.
Je me trompais parce que je cherchais ma valeur au mauvais endroit. Comme une petite fille blessée, je la cherchais dans les yeux de l’autre. Alors qu’elle aurait dû être en moi.
Et quand elle l’a été, c’est là que j’ai été capable de démissionner. De dire non à ceux qui ne voient pas ce que j’ai à apporter.
Là aussi, la vie est venue me tester. Ces derniers mois, je me sentais confiante dans mon travail. J’étais appréciée, je progressais. Je construisais ma vie, j’apprenais des compétences, je m’améliorais.
Je me sentais confiante en tant que personne dans le monde du travail, et c’était une première. Puis la vie m’a testé en me rabaissant, en me critiquant, en me comparant.
Comme pour me dire « on va voir, à quel point tu te dis aussi confiante et sereine que tu en as l’air ».
Honnêtement je me suis effondrée. Parce que je n’étais pas préparée. Je crois qu’on ne l’est jamais. Pendant des jours et jours, je me répétais « mais pourquoi toute cette colère ? Pourquoi ? Pourquoi moi je dois vivre ça tandis que d’autres sont acclamés ? »
Je crois que c’est parce qu’il fallait que ça vienne me chercher. Que ça me fasse tellement mal que je n’aurais pas d’autre choix que de regarder en face tous ces traumas.
Ces traumas d’enfance.
Depuis petite, je me suis toujours sentie comparée à ma sœur. Toujours pas assez.
Pas d’aussi beaux yeux. Pas d’aussi beaux cheveux. Pas aussi intelligente. Pas aussi aventurière. Pas aussi drôle.
Je me souviens même d’une scène à mes 6 ans, au marché de mon village. La caissière disait en regardant ma sœur « qu’est-ce qu’elle est belle ». Puis elle m’a regardé. Et a trouvé quelque chose à dire, parce qu’il fallait.
C’est en tout cas de cette façon que je l’ai interprété.
Ce n’est sûrement pas la réalité. C’était sûrement anodin, futile, mais c’est de cette façon que ça s’est ancré dans mon esprit de petite fille.
À l’adolescence, ma grand-mère maternelle a commencé à dire qu’elle préférait ma sœur.
Qu’elle ne pouvait pas l’expliquer.
J’ai mis des années, à couper les ponts avec elle. À comprendre que ma valeur ne dépendait pas d’elle. À comprendre que je valais autant que ma sœur.
Pourtant, plusieurs années plus tard, à mes 21 ans, je prenais ma mère à part et l’accusais de préférer ma sœur. Parce que ça n’avait pas été vraiment intégré. Parce qu’au fond de moi, cette blessure venait toujours sonner.
Alors elle a dû revenir, cette année. En force. Parce qu’elle n’avait pas été pansée. Et surtout parce que je l’avais fui, en réalité.
Je l’avais fui en gardant de la colère et de la rancœur envers ces personnes. C’était mon mécanisme de survie.
Une étape nécessaire, peut-être.
Mais ce n’était pas ça qui allait me guérir. Qui allait faire de moi cette personne confiante même en étant comparée, rabaissée, pas respectée. C’est pour ça, je crois, qu’il m’est arrivé tout ça cette année.
Ça a été dur, parce que c’est venu gratter au même endroit, encore et encore. J’avais l’impression qu’on s’acharnait, alors qu’en réalité on venait m’apporter une opportunité de panser.
Ma valeur n’a rien à voir avec ce que les autres pensent de moi.
Ma valeur n’a rien à voir avec la façon dont les autres me traitent.
Ma valeur n’a rien à voir avec l’extérieur.
Ma valeur part de mon for intérieur, de mes trippes, de mon cœur. De ma capacité à garder le cap, à garder confiance en moi même quand le bateau coule au large.
Alors 2025, merci, j’ai compris. J’ai compris et j’ai essayé de guérir. Peut-être pas tout, mais au moins une partie.
Merci, pour ces apprentissages. Merci, finalement, pour ces souffrances. Pas merci à ceux qui me les ont faites vivre, mais merci à la vie d’avoir mis ces personnes sur mon chemin. Car c’est à travers ces épreuves que l’on grandit. Que l’on se libère. Que l’on s’aligne.
Je ressors de cette année ébranlée mais confiante, sereine et sûre de qui je suis. Même dans la tempête, désormais, j’essaierai de garder le cap.
Parce que j’ai compris que je suis suffisante peu importe ce qu’il m’arrive.
Je suis suffisante sous un ciel bleu, et sous un orage aussi.
Belle année à toutes et à tous (avec un peu d’avance),
J’ai beaucoup parlé de moi, mais j’espère que vous retrouverez une part de vous à travers ces lignes. En tant que femmes, se sentir suffisante, se sentir assez, est un choix de tous les jours. Pour ne pas céder aux injonctions extérieures. Pour ne pas sombrer lorsqu’il y a du manque de respect et de la trahison.
Je vous embrasse fort,
À mardi prochain,
Florine