Laisse-les
Hello à toutes et à tous,
J’espère que vous allez bien ♡
Je suis très heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un sujet qui me tient à coeur et qui prend encore - je dois l’admettre - beaucoup de place dans ma vie.
Parce que quand on commence à s’assumer, quand on fait des choix “illogiques” ou “irrationnels”, ça a un coût :
Être jugée. Ou du moins, se sentir jugée
✦ Combien de fois me suis-je sentie jugée quand j’ai décidé de rester avec un homme qui avait fait une erreur ? Je suis passée pour la fille qui avait “perdu la raison”, alors que j’avais juste décidé d’écouter mon intuition.
✦ Combien de fois me suis-je sentie jugée quand j’ai décidé de manger moins de viande (et encore, je suis loin d’être végétarienne) ? Je suis passée pour la “meuf chiante”, “pas drôle”, alors que j’avais juste décidé de tester un nouveau mode d’alimentation.
✦ Combien de fois me suis-je sentie jugée quand j’ai coupé des relations amicales de longue date ? Je suis passée pour “la connasse”, alors que j’avais juste décidé de m’entourer de personnes alignées pour moi.
✦ Et surtout, combien de fois me suis-je sentie jugée quand j’ai dit que j’avais pour rêve d’écrire un livre et de publier certains de mes textes sur les réseaux sociaux…
… Alors que j’avais juste décidé de donner une chance à mes projets, ceux qui résonnent et vibrent dans toute mes tripes.
Pour être honnête, depuis plusieurs années, je lutte contre cette sensation qui prend à la gorge :
Être face à une personne, sentir qu’elle te juge, et ne rien pouvoir dire de peur d’être “celle qui s’énerve” ou “qui se fait des films”
Pourtant, on le sent, on le sait quand quelqu’un nous juge.
Ça a beau être caché derrière un sourire ou une phrase bienveillante, on le sent. Je ne saurai même pas expliquer comment.
Et c’est désagréable.
C’est désagréable parce qu’on a envie de se justifier, d’expliquer pourquoi on reste avec cet homme malgré ses erreurs, de leur montrer qu’ils ne sont pas dans notre peau et qu’ils ne peuvent donc pas comprendre tout ce qu’on ressent…
… Et c’est ce qu’on fait, souvent.
On justifie nos choix, à des gens à qui nous n’avons aucun compte à rendre
On s’évertue à démontrer qu’on est pas “folles”, pas “irrationnelles”, qu’on a pas perdu la tête.
On cherche des arguments, on se les répète pour mieux se les approprier et être plus convaincantes, on se refait la discussion après le dîner en se rappelant tout ce qui a été dit (et en se maudissant de ne pas avoir dit ce qu’on aurait dû dire…).
𓆸 On dépense une énergie folle à tenter de justifier nos choix, alors qu’ils ne concernent que nous
Le pire, c’est que personne ne pourra jamais profondément les comprendre. Parce que personne ne vit dans notre corps ni dans notre tête.
Il n’y a que nous qui pouvons voir le monde de notre façon, personne d’autre.
Pourtant, tout le monde a toujours son mot à dire, son avis “objectif” à donner
Mais aucun choix n’est objectif.
Aucun.
⟣ C’est facile de dire “quitte-le” quand on a un regard extérieur et qu’on n’est pas dans la relation.
Quand on a rien construit avec cette personne.
Quand on a pas de sentiment pour cette personne.
Quand on a pas de projets avec cette personne.
Personne, absolument personne, n’est légitime pour “mieux savoir que nous”
Ça, je le dis aujourd’hui avec conviction.
Mais ça m’a demandé d’adopter cet état d’esprit dont j’avais tant entendu parler mais que j’avais tant de mal à appliquer - concrètement - dans la vraie vie : laisse-les.
𓆱 Laisse-les te critiquer.
𓆱 Laisse-les ne pas être d’accord.
𓆱 Laisse-les croire qu’ils savent “mieux que toi”.
Ça peut paraitre super simple dit comme ça, mais personnellement ça a été une des choses les plus difficiles à lâcher dans ma vie :
Convaincre les autres que je suis personne “censée”, que je prends les bonnes décisions
Parce que ça venait réveiller un profond sentiment d’impuissance : j’avais l’impression de ne pas être comprise, de devoir me battre pour être “digne de remonter dans leur estime”.
J’avais l’impression de crier de toutes mes forces “mais écoutez-moi, comprenez-moi” face à une foule sourde qui ne me regardait même pas.
Je ne sais pas si vous avez l’image.
Personnellement, rien qu’en écrivant ces lignes, je l’ai, et elle me remue encore le ventre rien que d’y penser.
C’est cette incapacité à être capable de prouver au monde que “je ne suis pas bête, je ne suis pas folle, juste écoutez-moi s’il-vous-plaît”.
Et puis j’ai compris que je ne mettais pas mon énergie au bon endroit.
✦ Ce n’est pas “laisse-les” parce qu’on s’en fiche (personne ne s’en fiche, du regard des autres). C’est “laisse-les”, parce que ton énergie est plus utile ailleurs
Plus utile ailleurs qu’à essayer de prouver que tu es une bonne personne auprès de personnes qui t’ont déjà jugé, catégorisé dans la catégorie “bête”, “folle” ou que sais-je, et que tu ne pourras jamais convaincre quels que soient tes arguments.
Tu pourrais leur démontrer de la façon la plus logique et la plus rationnelle qui soit que tu prends la “bonne décision”, que ce que tu fais n’est pas “bête”, ils ne t’écouteraient même pas.
Parce qu’ils ne le veulent pas vraiment.
Parce que parfois, c’est plus simple de juger que d’essayer de comprendre
Alors laisse-les.
Pas parce que tu “baisses les bras”.
Pas parce que “ça ne sert à rien”.
Pas parce que “tu n’es pas assez forte”.
⟣ Mais parce que tu as trop de rêves à réaliser pour gaspiller ton temps à essayer de convaincre les autres de qui tu es.
S’ils ne sont pas d’accord avec tes choix : laisse-les.
Ils s’en remettront.
Si non, tu n’auras rien perdu : seulement des gens qui croient mieux savoir pour toi. Autrement dit, pas grand chose…
Laisse-les, pour prendre soin de ta santé mentale, de ton énergie, de ton temps.
Laisse-les, pour te focaliser sur ceux qui sont vraiment importants : ceux qui ne te comprennent peut-être pas, mais qui ne te jugent pas (et il y en a !)
Et attention, je ne dis pas de se couper de tous ceux qui ne sont pas d’accord avec nous (c’est aussi bénéfique d’être face à un avis différent) …
… Mais juste de ne pas accorder autant d’importance à leur avis.
Je sais que c’est dur, mais c’est possible, je vous assure.
C’est un choix, en réalité. Un choix dur et long à prendre, mais qui vaut le coup, vraiment : reprendre le pouvoir sur votre énergie, votre santé et votre temps.
J’espère que ces lignes auront résonné en vous, qu’elles vous auront permis de lâcher un peu ce besoin de contrôle qu’on a toutes et tous - mais qui nous bouffent de l’intérieur sur le long terme…
J’espère que je vous aurai inspiré à “les laisser”, parce que pour être honnête, c’est une de mes meilleures décisions ces dernières années.
Je vous embrasse fort,
À mardi prochain,
Florine