La FOMO
Hello à tous,
J’espère que vous allez bien et que je vous retrouve en pleine forme en ce début du mois de juin. ♡
Comme j’en ai parlé dans ma newsletter d’hier (si tu n’es pas encore inscrit.e et que tu souhaites le faire, tu peux cliquer sur ce lien), juin rime avec le début de l’été, avec le soleil qui ne se couche presque jamais, et avec les soirées et sorties à ne même plus pouvoir les compter…
… Et c’est génial.
Mais c’est aussi épuisant. Éreintant.
D’autant plus quand on “souffre” de FOMO (Fear of Missing Out, ou la peur de manquer quelque chose)
J’ai découvert ce terme l’été dernier : chaque week-end, chaque soir de la semaine, on me proposait une sortie, un verre, un barbecue à la plage… et j’acceptais.
⟣ J’acceptais parce que j’avais peur de “rater” un bon moment, une sortie, une expérience.
⟣ J’acceptais parce que je me disais “c’est l’occasion, il fait beau, tu n’as rien à faire, profite”.
⟣ J’acceptais parce que j’avais peur de vexer celles et ceux à qui je dirais “non”, et qu’ils ne me proposent plus rien.
Résultat ?
Oui, j’ai vécu mille expériences l’été dernier. J’ai testé le parapente, j’ai fait mes premiers bivouac dans les Alpes, j’ai fait du paddle, de la via-ferrata, j’ai testé toutes les plages du lac, tous les restaurants, tous les bars…
… Mais je n’avais plus de “temps pour rien, à ne rien faire”
Je ne passais plus de soirée seule, devant ma série ou avec un bon livre.
Et sur le moment, je ne me rendais pas compte que ça me manquait et que j’en avais tant besoin.
Je sentais que j’étais fatiguée, mais je me disais : “je me reposerai plus tard, quand il fera moche ou quand mes amis ne seront pas disponibles”.
Sauf que faire dépendre notre repos, notre énergie et notre temps pour soi de ces éléments extérieurs qu’on ne maîtrise pas, ce n’est jamais bon.
𓆱 Parce que sans s’en rendre compte, on entre dans une boucle infernale
Une boucle qui ne s’arrête jamais, où il y a toujours quelque chose à faire, quelque chose à tester.
Et c’est insidieux, la FOMO. Parce que les seules petites fois où j’ai refusé (parce que j’étais malade, c’était la seule façon qu’avait trouvée mon corps de m’arrêter - d’ailleurs je n’ai jamais autant été malade que l’été dernier), j’avais quand même ces pensées incessantes en tête :
Est-ce que j’ai pris la bonne décision ?
Est-ce que j’aurai dû y aller ?
Ça a l’air sympa quand même…
Ce qui fait que même quand je me reposais enfin, je ne me reposais pas vraiment puisque mon cerveau était en panique à l’idée d’être en train de rater quelque chose ✦
Je suis certaine que vous voyez de quoi je parle.
Et que vous savez à quel point c’est épuisant, d’être en proie à nos pensées de cette façon.
C’est comme si rien ne pouvait les mettre “sur pause”, à part aller à cette soirée et rassurer notre cerveau sur le fait qu’on ne rate rien.
Pourtant, le pire, c’est qu’on ne profite pas pleinement si on va à cette sortie ou cette soirée sans être reposée
Oui, on est là.
Oui, on est rassurée, on ne manque rien (même si ce n’est pas génial).
Mais on n’est pas pleinement là non plus.
C’est ça, la FOMO : vouloir être là, à tout prix, quel que soit le prix.
𓆸 Même si c’est nul, même si c’est fatiguant, même si on est là qu’à moitié… Au moins, on est là
J’ai mis du temps à le comprendre, tout ça.
Je crois que j’ai dû attendre la fin de l’été, pour avoir le déclic.
Pour me rendre compte que ce n’était pas normal, d’avoir été autant de fois malade en si peu de mois.
Mais ce qui m’a surtout aidée, c’est de découvrir le concept de JOMO
La JOMO, c’est la Joy of Missing Out, ou la joie de rater quelque chose ✦
Ça peut paraître futile, mais ça a vraiment changé quelque chose dans mon cerveau : c’est comme si ça avait ouvert une nouvelle porte, une nouvelle possibilité, celle de “ça peut être bien, de rater quelque chose”.
Parce que je crois que je ne l’avais jamais vu comme tel.
Je ne voyais pas en quoi ça pouvait être bien de rater une soirée ou une sortie. Au contraire. C’était juste moins de vie, moins d’expériences, moins de souvenirs.
Alors que là, avec la JOMO, je l’ai vu autrement : je peux être heureuse de rater cette sortie, parce qu’en échange ça signifie que je gagne quelque chose pour moi : du repos, de l’énergie, du temps.
Et honnêtement, ça n’a pas de prix.
J’ai trouvé ça déculpabilisant, cette vision du monde.
Ça m’a enlevé une pression.
𓆸 Je n’avais plus honte de répondre à la question “qu’est-ce que tu fais ce week-end ?” par “je ne fais rien, je me repose”
C’est vrai, on se met une pression monstre pour “faire des choses”, surtout l’été.
Parce qu’il fait nuit tard, parce qu’il y a plein d’évènements (surtout à la montagne, alors que l’hiver c’est “mort” et que personne ne sort).
Mais ce n’est pas une honte de prendre du temps pour soi, de se recharger. Justement pour pouvoir être pleinement là, quand on sera de nouveau prêt.e à voir du monde et sortir.
Alors voilà, depuis quelques semaines, j’essaie d’apaiser ma FOMO.
Je la vois, je la ressens, je sais qu’elle est encore là, ça ne part pas comme ça
Mais maintenant que j’ai mis des mots et de la conscience sur ce sentiment d’agitation et de “mon dieu, je ne peux pas louper ça”, ça va beaucoup mieux.
Parce que j’arrive à m’apaiser, quand j’en ai besoin.
⟣ J’arrive à me parler et à me dire “tu ne rates rien”.
J’arrive à m’écouter quand je suis fatiguée, et à ne pas forcer.
Pour être honnête, avoir déménagé dans les montagnes m’a aidé.
L’été dernier, j’habitais à Evian, et même si les montagnes n’étaient pas loin, je ressentais quand même l’agitation dans les rues, juste en bas de ma porte.
Alors que là, au milieu des montagnes, je me sens plus apaisée, moins sollicitée
Je crois que c’est pour ça, que je les aime autant.
Elles me rappellent que rien ne presse.
Que demain, elles seront toujours là.
Et que la vie n’est pas une course effrénée contre la montre, mais un fin équilibre à trouver entre expériences et repos.
𓆱 J’espère en tout cas que ces lignes auront pu vous apaiser un petit peu, mais aussi vous déculpabiliser.
On a souvent l’impression d’être seul.e à ressentir ces choses-là, alors qu’en réalité, on est beaucoup plus qu’on ne le croit. On en parle juste pas.
L’été dernier, c’est l’article sur lequel j’aurai aimé tomber. Ça m’aurait évité de tomber malade à plusieurs reprises, et surtout d’avoir le sentiment d’être “toujours à fond”.
Je vous souhaite, à toutes et tous, beaucoup de vie, d’aventures et de sorties pour cet été. Mais aussi beaucoup de repos. Par dessus tout, je vous souhaite de trouver votre équilibre à vous. Celui dans lequel vous vous sentez bien, et qui vous permet de tenir, sans finir complètement épuisé.e ou cramé.e.
Je vous embrasse fort,
Et vous dis à mardi prochain pour un nouvel article
Florine