Je n’ai plus honte de dire que j’aime l’argent (ça m’a pris du temps)
C’est un peu la suite de l’article de la semaine dernière, dans lequel je vous révélais à quel point je suis stressée de quitter mon travail fin décembre, même si c’est mon choix.
Pas parce que je regrette ma décision, mais parce que je quitte le fameux “CDI”. D’autant plus le CDI Suisse, avec le salaire et le mode de vie qui va avec.
Je vous parlais du fait que je suis convaincue que la sécurité financière ne dépend pas d’un salaire, mais de la confiance que l’on a en soi-même. De savoir que l’on va rebondir, que l’on trouvera toujours une solution. Qu’on sera toujours là pour soi, en somme.
Et c’est vrai, j’en suis profondément convaincue, même si c’est bien plus dur à mettre en pratique dans la vraie vie.
Mais aujourd’hui, je voulais parler de l’autre penchant.
De ce que l’argent m’a apporté, de ce qu’il a changé dans ma vie.
Parce que cette année, j’ai compris que l’argent ne permettait pas “juste” de profiter. Il le fait, mais c’est aussi bien plus que ça : il permet de se connaître.
Depuis petite, j’ai toujours dit que j’aimais l’argent et que je voulais en gagner. Sans vraiment savoir pourquoi.
Sans vraiment savoir comment. Je savais juste que je voulais en gagner, parce que ça me semblait être quelque chose d’important.
Aujourd’hui je comprends mieux.
Je ne me suis jamais autant découverte que cette année.
Alors oui, j’ai eu mon premier vrai travail. J’ai construit mon indépendance. J’ai trouvé mon entourage. J’ai emmenagé dans mon cocon.
Mais j’ai aussi sacrément compris qui j’étais, ce que j’aimais.
Je réalise que l’argent que j’ai gagné, je l’ai utilisé pour partir sur un coup de tête en Suisse le week-end, pour aller faire un bivouac au-dessus d’un des lacs les plus connus des Alpes, pour aller faire du ski dans les stations les plus belles de la région, pour faire du parapente, pour rejoindre une amie en Suède et faire un bike-trip, pour passer des vacances avec ma famille dans le Sud-Ouest…
Mais aussi pour m’acheter des habits, pour trouver mon style, pour me sentir bien lorsque je sors dehors. Pour me sentir moi-même, confiante. C’est tellement important, je pense.
J’en ferai peut-être un article à part entière, tellement c’est empouvoirant en tant que femme, selon moi, de se sentir bien dans ses habits. De trouver son style, les matières dans lesquelles on se sent à l’aise, libres de nos mouvements. De trouver nos couleurs, nos formes, ce qui nous met en valeur.
Mais surtout, ce dans quoi on se sent bien. Ce dans quoi on se sent nous-mêmes.
Bref.
Gagner de l’argent, ça m’a permis de voir dans quoi j’aimais en mettre.
Aucun jugement de valeur sur celles pour qui c’est important mais par exemple, je n’avais pas envie de dépenser 100€ dans un bon restaurant. Pourtant, j’étais prête à dépenser 100€ pour dormir dans une cabane en haut des montagnes.
Un n’est pas meilleur que l’autre, mais il permet de se connaître. De comprendre ce qui est important pour nous. Ce qui nous tient à coeur.
Et ça peut changer avec le temps.
Il y a quelques années, je dépensais sans aucun problème des milliers d’euros dans des retraites et des formations. Aujourd’hui, j’ai du mal à dépenser 150€ pour une expérience spirituelle. Ça reviendra sûrement mais pour l’instant, ce n’est juste plus le genre d’expériences que je recherche. Parce que je me découvre autrement. En vivant des expériences.
Il y a quelques mois, j’avais entendu une mentore - si on peut l’appeler comme ça, Sophie Chague, dire que ce n’est pas tant un montant d’argent que l’on recherche, mais une sensation.
Pour moi, c’est la sensation de liberté qui va avec. Je me sens moins étriquée, plus libre.
Libre de pouvoir partir sur un coup de tête en week-end.
Libre de pouvoir rejoindre ma meilleure amie en Suède.
Libre de pouvoir manger sushis le dimanche soir si j’en ai envie.
C’est cette liberté, qui va me manquer.
C’est cette liberté, que j’ai peur de perdre. Même si je sais que j’en retrouverai une autre, sous une autre forme.
On aime critiquer l’argent, on aime dire qu’il est à l’origine de tous les maux de ce monde. C’est cliché mais surtout en France.
On a peur de dire qu’on veut en gagner, comme si c’était “sale” ou pas assez “humble”. Comme si c’était forcément être quelqu’un de vénal, de mauvais, de moins pur.
Pourtant, ça n’a rien de mal de vouloir gagner de l’argent. C’est même plutôt normal, je crois, dans le monde dans lequel nous vivons.
Je n’ai jamais compris en quoi c’était mal.
Je n’ai jamais compris pourquoi les adultes rigolaient quand je clamais que je voulais en gagner, haut et fort.
Je ne dis pas que c’est nécessaire. Je ne dis que nous devrions tous courir après. Mais en tout cas, pour celles qui se sentent appelé par cette énergie, je pense que c’est important de savoir que c’est normal. Que ça n’a rien de mal.
Depuis plusieurs mois, ma vision de l’argent a tellement changé que je me mets à le “bénir”. Le terme est étrange, mais c’est vraiment celui qui représente au mieux ce que je ressens.
C’est cette même mentore qui m’a inspiré.
Dans un de ses épisodes de podcast, elle avait conseillé de remercier l’argent dès que l’on passe à la caisse.
“Merci de me permettre d’acheter de bons aliments pour nourrir mon corps et être en forme”
“Merci de me permettre de passer un temps de qualité avec ma famille en vacances”
”Merci de me permettre d’acheter cette paire de chaussures, dans laquelle je me sentirai bien et confiante” …
Ça peut paraitre bête, et pourtant.
Ce n’est peut-être qu’une impression, mais j’ai la sensation que l’argent vient plus facilement quand il sait qu’il est le bienvenue. Qu’il n’est pas vu comme sale. Comme quelque chose dont on a honte. Comme quelque chose qu’il faut cacher.
C’est énergétique tout ça, mais j’y crois.
Je ne dis pas que ça suffit, mais je pense que cet état d’esprit crée les conditions pour que l’argent entre plus facilement dans notre vie.
D‘ailleurs, cet exercice, je le faisais il y a 1 an et demi déjà. Quand je n’avais plus droit au chômage, que je n’avais pas trouvé de travail et qu’il ne me restait plus que 1000€ sur mon compte épargne (pour certains c’est beaucoup, j’en suis consciente, mais pour moi c’était très peu à ce moment-là).
Quand il est arrivé, quelques mois plus tard, je me suis juré de remercier l’argent dès qu’il arriverait sur mon compte. Aujourd’hui, c’est ce que j’essaye de faire chaque mois, lorsque je reçois mon salaire. Mais aussi lorsque je fais mes courses. Lorsque je paye un restaurant, même si je le trouve “trop cher”.
Je le remercie, de me permettre de pouvoir le faire.
Je le remercie, d’avoir pour seul problème que mon restaurant soit un peu trop cher.
Je ne dis pas que j’arrive à le faire à chaque fois. Parce que c’est facile d’oublier la chance que l’on a d’avoir quelque chose, lorsqu’on s’y habitue. Mais j’essaye.
J’essaye de dédramatiser ce sujet. D’en parler ouvertement. D’en parler librement.
De dire à quel point l’argent est beau. À quel point il m’a permis de me connaître, cette année. À quel point il m’a permis de vivre.
J’en ai marre de cette honte autour de ce sujet. Parce qu’au fond, elle ne change rien. On est bien plus qu’on le croit, je pense, à aimer l’argent et à en vouloir.
Alors pourquoi le taire ? Pourquoi le cacher ?
D’autant plus en tant que femme.
Parce que pour la société, une femme qui dit ouvertement vouloir gagner de l’argent, c’est bizarre. Ça prend trop de place.
On est habitués, je crois, à ce que les hommes veuillent en gagner. Parce que dès petits, on a associé les hommes au travail, à leur carrière, et donc à l’argent.
Mais ce n’est pas mal pour une femme, de vouloir de l’argent. C’est même sain, je crois.
Ce n’est pas forcément pour “faire comme les hommes”. C’est juste pour expérimenter, se connaître, se faire plaisir et garder notre indépendance.
Je vous assure, plus on sera de femmes à assumer vouloir gagner de l’argent, plus ils s’y habitueront.
Et nous n’avons pas de quoi avoir peur, malgré ce qu’ils veulent nous faire croire.
L’argent ne nous “rend” pas mauvaises, il décuple ce que l’on est déjà.
Il y a cette croyance, tellement répandue dans le monde, que l’argent rend les gens mauvais. J’ai décidé de ne pas l’acheter. De ne pas y croire.
Pas parce qu’elle me déplait, mais parce que je suis convaincue qu’elle est fausse.
Je crois que l’argent décuple ce qu’il y a déjà :
Si la personne est “mauvaise” de base, alors elle le sera encore plus avec de l’argent. Parce que l’argent lui permettra d’avoir plus de pouvoir et un plus grand impact.
Mais au contraire, si la personne est “bonne”, si la personne a conscience de ses ombres, alors l’argent ne fera que décupler le bon en elle.
Je n’ai jamais eu peur de devenir une mauvaise personne avec l’argent. Pas parce que je suis convaincue d’être une bonne personne. Mais parce que je suis convaincue qu’il n’a aucun pouvoir sur ça.
Justement :
Je pourrai donner encore plus à des causes qui me tiennent à coeur (et avoir ainsi un plus grand impact).
Je pourrai offrir encore plus de cadeaux à mes proches.
Je pourrai m’offrir encore plus de temps pour moi - des massages, de vacances, des cours de yoga.
Je pourrai vivre encore plus d’expériences, me connaître encore plus, et ainsi partager encore plus à ceux qui m’entourent.
Ce n’est pas être égoïste. Ni en voler à quelqu’un d’autre.
Parce que je sais qu’il y a aussi cette culpabilité latente : “si je gagne de l’argent, c’est que j’en prends à quelqu’un d’autre”.
Mais non. On ne prend rien à personne. Il faut arrêter avec cette culpabilité que l’on s’impose.
Cette culpabilité que l’on nous inculque depuis enfants.
On a le droit de vouloir de l’argent.
On a le droit de gagner de l’argent.
On a le droit d’aimer l’argent.
C’est aussi simple que cela.
Bref, j’espère que ces lignes auront pu vous déculpabiliser, si culpabilité il y a. Ça a été un long processus, un long cheminement, de comprendre pourquoi depuis petite je voulais tant gagner de l’argent. Ça m’a pris 28 ans. Je me croyais vénale, je me croyais bizarre, je me croyais problématique. Aujourd’hui, je comprends enfin que la raison est si simple : je voulais gagner de l’argent pour me connaitre, ce qui est le but de la vie en soi.
Rien de mal, rien de malsain, juste quelque chose d’humain.
J’espère du fond du coeur que ça a résonné. Si c’est le cas, dites-le-moi. Ça me fait toujours plaisir d’avoir vos retours et de savoir quels sujets vous plaisent.
Je vous embrasse fort et merci pour votre confiance, chaque mardi.
Merci à toutes celles et ceux qui m’envoient un petit message après l’avoir lu, vous ne pouvez pas savoir à quel point ça me motive à continuer.
À mardi prochain,
Florine