Ma crise de vendredi : entre surcharge mentale, FOMO et nuits blanches

Vendredi dernier, j’ai eu l’impression que mon cerveau allait exploser. 

Comme si la moindre tâche à remplir était énorme, comme si tout était trop.

Même le fait de devoir aller faire les courses me semblait être une montagne, être une charge mentale beaucoup trop grosse.

C’est comme si le vase était déjà plein, et que chaque chose en plus sur ma to-do le faisait exploser.

Pendant 24h. 

Je n’ai pas dormi de la nuit, parce que je pensais en boucle à ce que j’avais à faire.

Je me sentais complètement submergée. Asphyxiée. 

Pendant 24h, je n’avais qu’une envie c’était de pleurer toutes les 5 minutes et de crier « mais laissez-moi tranquille bordel ».

J’avais envie de partir me terrer au fin fond d’une grotte, de ne plus rien à voir à faire, de ne plus avoir de comptes à rendre.

Juste qu’on me laisse tranquille.

Juste du vide.

C’est d’ailleurs exactement ça que j’ai dit à mon copain quand il m’a demandé ce dont j’avais besoin : « Juste du vide ». 

Ça, ça m’arrive une fois par semaine depuis 6 mois maintenant.

Au début, j’ai cru que j’avais trop de charge mentale, que je n’étais pas assez bien organisée.

J’ai cru qu’il fallait que je travaille sur moi, que j’apprenne à ne plus voir un petit problème comme une montagne insurmontable.

J’ai vraiment cru que mon cerveau n’était juste pas habitué à la « vraie vie d’adulte ».

Je me suis dit qu’il fallait que je me pousse dans mes retranchements, et qu’au bout d’un moment mon corps s’habituerait. 

Je vous le donne en mille, ce n’est pas ce qu’il s’est passé.

Ça a été pire.

Avec l’été, ça s’est même amplifié. Je faisais 2 à 3 nuits blanches par semaine.

J’étais en stress constant.

J’avais l’impression de ne jamais relâcher. De ne jamais vraiment respirer.

Même ma respiration, était saccadée. 

Ce n’est que ce vendredi, que j’ai compris. 

Que j’ai compris que mes envies n’étaient pas du tout alignées avec mes besoins. Ou plutôt, que je faisais passer mes envies en priorité. 

Ça peut paraître tout simple, mais pourtant, c’est exactement de là que vient la frustration que je ressens depuis des mois.

Cette frustration de sentir mon corps fatigué trop vite. Cette frustration de ne pas pouvoir faire tout ce dont j’ai envie.

Cette frustration de devoir souvent me reposer, souvent être seule, souvent prendre du temps pour moi. 

Un week-end avec un groupe d’amis, et je suis fatiguée. 

Une journée au travail avec mes collègues, et je suis fatiguée. 

Pendant ces 6 derniers mois, j’avais l’impression de ne pas avoir assez d’énergie.

J’en voulais à mon corps, de ne pas pouvoir suivre. Parce que j’étais tentée, de faire toutes ces choses qu’on me proposait. 

Et je n’arrivais pas à dire non.

Pas par peur de décevoir ceux qui me le proposaient, mais parce que j’en avais profondément envie.

Et peut être aussi parce que j’avais peur de rater quelque chose en disant non.

La fameuse FOMO. 

J’étais énervée contre moi-même, parce que je voyais bien que c’était différent pour certaines personnes.

Qu’elle n’étaient jamais fatiguées.

Qu’elles pouvaient faire tout ce qu’elles voulaient.

C’est d’ailleurs encore un peu vrai.

Je me demande pourquoi j’ai besoin de tant de repos, de tant de temps calme. 

Je crois tout compte fait que je suis rentrée dans une course effrénée.

J’ai envie de bouffer la vie à pleines dents, de vivre plein d’expériences.

Et si je ne fais « rien » un week-end, j’ai l’impression d’avoir raté une opportunité. D’avoir raté une occasion de profiter.

Cette phrase me revient à chaque fois en tête « Quand le train passe, après il ne passe plus ».

C’est ce qui me pousse, à chaque fois, à écouter mes envies.

À me dire “tant pis, je me reposerai plus tard”.

Et c’est là, que mon corps craque, parce que je ne l’écoute pas

C’est fou, cette sensation d’avoir peur de louper quelque chose. Comme si ça ne se reproduirait pas. J’ai vraiment ce truc dans mon corps de « peut-être que ça ne se reproduira pas, on ne sait pas de quoi demain est fait ».

Cette peur de la mort en trame de fond, finalement.

Cette peur de ne pas avoir assez vécu.

Au détriment de ma santé mentale, de mon sommeil et de mon stress.

Ce qui, sur le long terme, a justement des chances de réduire mon espérance de vie. 

J’ai ce rush inconscient, toujours en trame de fond.

Le même que celui qui s’est déclenché à mes 27 ans et qui m’a fait croire que je n’avais plus le temps pour me tromper.

Que je devais trouver l’homme avec qui je voulais me marier et fonder une famille, parce que je n’avais « plus le temps ».

Je pensais qu’il était parti, qu’il s’était calmé, mais en réalité non.

Il a juste pris une forme différente.

J’ai n’ai plus peur de ne pas avoir le temps de fonder ma famille, mais j’ai peur de ne pas assez profiter.

C’est le même rush, la même peur, simplement sous une autre forme. 

Je réalise seulement maintenant à quel point c’est difficile, d’écouter réellement ses besoins.

De surmonter la frustration, l’envie, le désir.

En tout cas pour moi c’est difficile. 

C’est difficile de dire non à une sortie en montagne pour me reposer chez moi. Je le fais, pourtant. Mais trop tard.

Quand j’ai déjà dépassé mes limites depuis longtemps et que je n’ai pas d’autres choix.

Quand je me sens déjà épuisée et vidée.

C’est triste, de devoir en arriver là. De devoir se pousser si fort, de ne pas écouter les signaux. 

Je suis peut-être trop dure avec moi-même, j’en suis consciente.

Je crois qu’on apprend tous à se connaître, avec le temps.

Notre fonctionnement, nos besoins, notre niveau d’énergie.

Depuis 5 ans maintenant, je sais que je suis introvertie.

Je sais que je me recharge en étant seule, et que les échanges avec les autres me vident.

Pourtant, c’est la première fois de ma vie que je l’expérimente vraiment.

Et que je m’y confronte.

En théorie, je le savais.

Mais dans la pratique, je n’avais pas vraiment compris à quel point ça nécessitait de prendre soin de mon temps. 

De ne pas voir trop de monde dans une seule journée. 

De ne pas faire trop d’activités. 

De me forcer à prendre du temps seule, juste pour moi, dans la journée. 

Et surtout, de ne pas me comparer à ceux qui fonctionnent différemment. 

Dans une société qui met en valeur l’action, ça peut être dur parfois, de se sentir comprise en tant qu’introvertie.

Et de s’écouter.

D’aller à contre courant et de dire stop.

Moi-même, je me rends bien compte, à quel point je me fais emporter par la course aux expériences.

Au détriment de mon fonctionnement.

Mais je crois que c’est un sujet bien trop vaste, alors je le garde pour la semaine prochaine.

Je pense qu’il tombera à pic. Parce que les fêtes sont toujours une période qui viennent frotter nos limites, surtout en tant qu’introverties.

Il faut être joyeuses, enchaîner les conversations avec différentes personnes, être en forme, se coucher tard, avoir peu de temps pour soi…

… Tout ça en rechargeant nos batteries. 

Bref, je n’en dis pas plus, mais je suis sure qu’on est beaucoup à se comprendre.

Parce qu’on fait peu de bruit, mais je crois qu’on est beaucoup à fonctionner ainsi. 

Je vous embrasse fort,

À mardi prochain, 

Florine 

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