Pourquoi je suis partie 3 jours, seule, dans une cabane

Si vous me suivez sur les réseaux, vous l’avez sûrement vu passer.


Je suis partie 3 jours seule, dans une cabane, perdue dans le Jura.

Mais quand je dis perdue, c’est vraiment perdue.

Je crois que je n’ai pas croisé - ni même entendu, ne serait-ce qu’une seule personne pendant mon séjour.

Et je sais que ça peut paraître étonnant pour certaines personnes - en tout cas ça l’est pour certains de mes proches.

Je sais que ça peut être vu comme une fuite, comme un renfermement sur soi, cette décision de vouloir partir seule, loin du monde.

Pourtant, je crois que c’est ce qu’il y a de plus sain et de plus nécessaire, au fond.


Ce n’est pas la première fois que je fais ça, en réalité.

J’étais déjà partie en juin, 3 jours aussi, dans cette même cabane.

Parce que c’était mon rêve de faire une sorte de retraite, seule. Juste pour écrire


Loin du monde. Loin du bruit quotidien.

Je voulais voir si ça me plairait. Si c’est un format qui me conviendrait. Parce qu’entre partir en voyage seule dans une ville, et partir dans une cabane perdue dans la forêt pendant 3 jours, c’est assez différent.

En tout cas pour moi, ça l’est. 


Et je ne vais pas mentir, ça a été assez challengeant.

De se retrouver seule, totalement seule, dans le silence.

Pourtant, je m’étais déjà retrouvée seule pendant des randonnées, pendant des bivouacs, pendant des nuits à la belle étoile… Mais là, c’était différent.

Là, j’étais là pour un but : écrire, pas pour me reposer ni me balader. Le but n’était pas de découvrir le coin ni de faire une grasse matinée, mais bien d’écrire et d’avancer sur mes projets.

Et c’est ça qui a été le plus challengeant, je crois.

Ce temps seule, coupée du monde, a fait ressortir tous les questionnements auxquels je m’empêche normalement de penser.

Toutes ces remises en question que je mets de côté parce qu’il faut “avancer”, parce que “ce n’est pas le moment”.

Et bien, dans ces moments-là, elles refont surface.

Que je le veuille ou non. 


Est-ce que je suis heureuse dans ma relation ? 

Est-ce que je ne suis pas complètement folle de vouloir écrire un livre, alors que personne ne me connaît ? 

Est-ce que j’arriverai un jour à réaliser mes rêves ? Ou est-ce que j’idéalise la réalité ? 


Et c’est très perturbant à vivre.

Mais c’est aussi une opportunité incroyable de faire un bilan, de prendre du recul. Comme on a rarement l’occasion d’en faire.

C’est vrai. On est pris dans le quotidien, dans notre liste de choses à faire, dans la planification de nos prochaines vacances…

Alors on ne prend pas le temps de se poser ces questions, pourtant pleines de sens et pourtant tellement indispensables pour pouvoir avancer dans la bonne direction. 


Parce que c’est exactement ce que ça m’a permis : de faire un bilan oui, mais surtout d’être sûre d’avancer dans la bonne direction. De retrouver mon fil rouge, mon sens.

Je crois que, pris dans le quotidien, on a souvent tendance à s’éparpiller.

À perdre de vue l’objectif final, à se déconnecter de notre intuition.

Avant d’arriver dans la cabane, j’avais mille idées de projets. Je voulais lancer ma chaîne Youtube, je voulais créer un programme vidéo, je voulais organiser une retraite… Mais la cabane m’a calmée.

La cabane m’a ramené à l’essentiel : écrire mon livre.

C’est ça, mon vrai rêve. C’est ça, ce que je repousse tellement ça me semble colossal et important à la fois. 

Et je trouve que c’est une chance inouïe, dans une vie, de se donner l’espace de prendre ce recul là. D’oser se retrouver seule face à soi-même et se demander si on est - encore, sur la bonne voie.

Parce que ça peut être irritant, de se rendre compte qu’on s’est perdue en chemin. Qu’on a perdu le fil.

Alors on préfère parfois fermer les yeux et continuer d’avancer dans la mauvaise direction. 

Et puis, la cabane m’a appris à aimer ces moments seule, avec moi-même. À aimer ma propre compagnie.

À avoir confiance en moi, à savoir que je peux compter sur moi.

À me sentir capable, forte et puissante à la fois.

Il y a 2 ans à peine, j’étais de celles qui disaient :

Je ne comprends pas l’intérêt de partir seule, je préfère partager ces moments avec les autres”.

Et c’est vrai, que c’est génial de pouvoir partager avec les autres.

Mais c’est tout aussi génial d’être seule. C’est tout aussi ressourçant, tout aussi fort en émotions. Qu’est-ce que c’est incroyable, cette sensation de partager un moment fort avec soi-même.

J’ai une amie qui me dit toujours “Mais devant un beau coucher de soleil, j’ai envie qu’il y ait quelqu’un à côté de moi pour lui dire à quel point c’est beau, pour partager ce moment de beauté”.

Mais le partager avec soi-même, je vous assure, ça a un côté encore plus fort, encore plus magique, indescriptible.

Pas parce que c’est différent, mais parce que c’est le signe qu’on se voit enfin comme le personnage central de notre existence. 


Dans la cabane, aussi, j’ai totalement perdu la notion du temps. J’étais à mon propre rythme.

Je déjeunais à 10h, je sautais des dîners quand j’étais trop prise dans l’écriture… 

Bref, j’étais vraiment à l’écoute de mon corps. Je mangeais quand j’avais faim, je dormais quand j’avais sommeil, je sortais quand j’avais besoin d’air…

Sans aucune règle, sans aucune injonction.

Ça peut paraître évident et pourtant, dans ma ville à Évian, c’est beaucoup plus difficile à mettre en place. Pas que j’en ai spécialement envie - je pense avoir besoin d’un cadre précis, mais je trouve ça agréable de s’octroyer des moments rien qu’à soi, à son propre rythme du moment.

Faire ce dont j’ai envie, quand j’en ai envie. N’avoir aucun compte à rendre, aucun horaire à respecter, juste mettre le cerveau sur pause et se laisser porter. 


Pendant ces 3 jours, j’ai écrit. Pas autant que j'aurais voulu, mais j’ai écrit.

Je m’imaginais écrire pendant des heures, à longueur de journée… Mais la cabane m’a appris que ce fonctionnement n’était pas pour moi.

C’était beau, pourtant, ce mythe de l’écrivain perdu dans sa forêt à écrire.

Mais je me suis rendue compte que sans prendre le temps de me balader, sans prendre le temps de faire mon yoga, sans prendre le temps de lire…

J’étais incapable de faire quoi que ce soit. 


Mais c’est parfait. Parce que ça m’a forcé à prendre du temps pour moi.

À lire, à méditer, à juste dormir… Tout ce qu’il me fallait. 


Alors la prochaine fois j’ai envie d'essayer un autre format - parce que oui, il y aura bien entendu une prochaine fois. J’ai réalisé que j’avais besoin, réellement besoin, de ces escapades en solitaire.

Mais j’ai envie de tester autre chose : partir visiter une région de France que je ne connais pas, et y mêler de l’écriture quelques heures par jour par exemple… Je ne sais pas.

Je me vois bien en Bretagne, la prochaine fois.


Mais surtout, je crois que ce qui m’a manqué cette fois, c’est le côté découverte.

Je connaissais la cabane, alors il n’y a pas eu cette sensation de folie comme quand on découvre un nouveau lieu pour la première fois.

Et puis, j’ai aussi envie de partir à la mer désormais. Je crois que ça me permettrait de couper encore plus de mon quotidien, qui est déjà dans les montagnes. 

Je verrai bien où le vent me mènera. 


J’espère en tout cas de tout cœur que mon récit de ces 3 jours dans la cabane vous incitera à partir, seule ou non, pour prendre du recul, pour ralentir, pour revenir à l’essentiel.

Pour revenir à ce qu’on oublie, lorsqu’on est pris dans le tumulte de la vie.

J’espère que ce récit vous aura inspiré à vous accorder du temps pour vous, rien qu’à vous, de la façon qui vous parle et vous appelle.

Mais surtout, j’espère qu’il vous aura incité à faire un pas vers vos rêves, qu’ils soient personnels, professionnels ou les deux. Parce que je crois que c’est le plus grand cadeau que l’on puisse se faire.

Je vous embrasse fort,

À mardi prochain,

Florine

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