J’ai été dans une relation toxique pendant plusieurs années
Hello à toutes et à tous,
J’espère que vous allez bien ♡
Je suis heureuse de vous retrouver aujourd’hui pour un sujet que j’ai déjà abordé il y a un peu plus d’un an…
… Mais la vie est faite de cycles, et j’ai le sentiment qu’il est nécessaire d’en reparler aujourd’hui.
Que je raconte à nouveau cette histoire, sous un autre prisme.
Avec plus de recul peut-être
Vous savez, quand je suis sortie de cette relation, j’ai mis du temps à poser le mot “toxique” dessus
Parce que je ne voulais pas l’admettre, ni l’avouer.
J’avais la drôle sensation de me victimiser, “d’en faire des caisses”.
Je me répétais “mais il y a pire que toi”, “c’était pas grand chose”.
Comme la plupart, j’ai minimisé, banalisé
Parce que quand on sort de ça, on n’est plus très lucide, je crois : on repense seulement aux moments heureux passés ensemble, et pas aux insultes. ✦
Et puis, pour être honnête, je crois que suite à ça, je me suis perdue.
Alors voilà, c’est la raison pour laquelle ça me tenait à coeur de vous raconter à nouveau mon histoire.
𓆸 Ça a duré plusieurs années
Je préfère vous prévenir, je resterai vague, car j’ai encore peur - je crois - de ses réactions et de quoi il est capable.
Mais ça a duré plusieurs années.
Au début, c’était la passion, la fusion.
Ça a été le coup de foudre immédiat
L’amour le vrai, comme on se l’imagine quand on est jeune.
On était sur un nuage, c’était beau, c’était fort.
Et puis, insidieusement, doucement, le nuage s’assombrissait de temps à autre.
Je crois que c’est ça, la plus grosse incompréhension sur une relation toxique.
On a l’impression que tout devient horrible, malsain du jour au lendemain… et qu’on peut le voir venir
Mais c’est faux.
On ne voit rien parce que ça se fait progressivement.
✺ Au début c’est un excès de colère.
✺ Une insulte “pour rire”.
✺ Une crise de jalousie parce qu’il “s’est emporté”.
Alors on pardonne
Parce que c’est humain, de faire des erreurs, de s’énerver.
Parce qu’au final, le soir, le nuage est juste un tout petit peu plus sombre que la veille, mais toujours blanc.
Mais le problème, c’est que …
Petit à petit, ces comportements se répètent, s’intensifient, jusqu’à devenir la normalité
Et on s’habitue, à ça.
𓆸 Ça devient notre normalité, à nous aussi.
On ne se rend même plus compte que les insultes sont quotidiennes.
On ne se rend même plus compte qu’on voit moins nos proches, qu’on ne peut pas sortir habillée comme on veut, qu’on ne peut pas poster les photos qu’on veut sur les réseaux.
Parce que ça en était arrivé là :
Je n’avais plus le droit de porter certains vêtements jugés trop aguicheurs et sexy à son goût
✦ Je n’avais plus le droit de poster des photos de moi seule sur les réseaux sociaux, parce qu’autrement ça signifiait que je “cherchais à plaire aux hommes”.
✦ Je n’avais plus le droit d’écouter de la musique “commerciale” parce que c’était jugée comme pathétique et honteux.
✦ Je n’avais plus le droit de boire un peu trop en soirée ou de trop m’amuser, parce qu’autrement c’était être une s*lope.
✦ Je n’avais plus le droit de ne pas lui répondre quand j’étais au café avec mes amies, parce qu’autrement cela signifiait que je ne l’aimais pas assez.
Il devait savoir où j’étais, à n’importe quel moment
Petit à petit, il avait fini par me contrôler.
𓆸 Une règle par une règle. Un jour après l’autre.
C’est vraiment ça, que j’ai envie de souligner : tout ça, ça c’est fait petit à petit.
Parce que bien sur, si on rencontre un homme et que dès le lendemain, il nous pose toutes ces règles et ces interdictions, on part.
Mais quand c’est toxique, c’est différent.
C’est vicieux, parce que ça se fait une fois que la relation est bien avancée.
Une fois qu’on est amoureuse, parce que c’est beaucoup plus facile de pardonner et excuser quelqu’un qu’on aime, que quelqu’un qu’on vient de rencontrer.
Et c’est ce que j’ai fait.
J’ai pardonné. J’ai excusé.
Parce que je ne voyais plus qu’un homme contrôlant devant moi.
Je voyais un homme blessé.
Et surtout, surtout, il avait tellement réussi à me retourner le cerveau, que je croyais être la fautive
Je croyais que c’était de ma faute, s’il s’énervait.
✦ Je croyais que c’était moi qui avait un problème, qui était trop “aguicheuse”, qui m’habillait “trop sexy”, qui ne le respectait pas assez …
… Et je m’excusais.
Je m’excusais parce que même quand j’étais persuadée de n’avoir rien fait de mal, il arrivait à me faire croire que c’était de ma faute.
Et à me faire me remettre en question.
Et le pire dans tout ça, c’est qu’à la fin, je ne savais même plus qui j’étais
Ni ce que je valais.
C’était lui qui détenait complètement les clefs de la valeur que je me portais.
C’était lui qui déterminait si j’étais une femme bien ou mauvaise. Pas moi. Je n’avais plus aucun libre arbitre sur moi-même.
Parce qu’au fur et à mesure des années, il avait réussi à totalement détruire le peu de confiance que j’avais en moi.
Il m’avait brisée, me tenait entre ses mains.. et à tout moment, pouvait me lâcher
Vous allez me dire : comment c’est possible ?
C’est simple.
✦ Un jour, il me disait que j’étais la femme la plus belle du monde. Il semblait éperdument amoureux, il parlait de moi à ses proches comme si j’étais la plus belle personne qu’il ait jamais rencontrée.
Il me disait qu’il était fier, qu’il n’avait jamais autant aimé quelqu’un …
… Et le lendemain, il me traitait de tous les noms. J’étais la personne la plus sale, la plus laide, la plus bête, la moins cultivée sur terre.
Alors le jour d’après, quand il me disait à nouveau que j’étais belle et qu’il m’aimait, c’était une bouffée d’air frais.
C’était un cercle vicieux : plus il brisait ma confiance en moi, plus il détenait de pouvoir sur moi
Je ne savais plus moi-même si j’étais une belle personne ou pas.
Je crois même que non.
J’avais seulement l’impression d’avoir eu de la chance d’être tombée sur lui, parce qu’aucun autre homme ne m’aurait choisi.
Parce que si j’étais ce que j’étais, c’était “grâce à lui” (c’est ce qu’il me répétait)
Et avec le temps, malheureusement, ça rentre.
Je croyais profondément que sans lui, je ne serai rien. Une “traînée”.
Il avait changé l’histoire en sa faveur, et j’étais désormais un pantin.
Je ne savais même plus si c’était vrai.
Je ne savais même plus si j’étais une traînée ou non. Peu importe.
À ce moment-là, ce qui était important, c’était qu’il ne s’énerve pas, que je ne l’énerve pas, et qu’il reste encore avec moi.
Parce qu’il justifiait ses tromperies comme ça
“Tu l’as cherché”.
Et je le croyais.
Alors je me pliais encore plus à ses règles, pour être la “fille parfaite” qu’il ne voudrait pas tromper
Vous voyez, le cercle vicieux ?
𓆸 On ne rentre pas dans une relation toxique, on rentre dans une relation “banale” qui se transforme, petit à petit, en cauchemar.
Mais c’est déjà trop tard.
Parce que quand ça devient toxique, quand il devrait être l’heure de partir, il a déjà brisé toute notre confiance en nous
Il nous a déjà éloigné de nos amis, nous a déjà répété qu’on ne les méritait pas, que lui seul nous comprenait, qu’on était heureux à deux et qu’on avait besoin de personne.
Alors voilà, avec le recul, ça, c’est une relation toxique.
✦ Le contrôle, le rabaissement, l’angoisse d’une autre crise de nerf.
Ça, c’est toxique.
Alors quand, des années plus tard, j’accusais mon partenaire d’être toxique parce qu’il parlait à une amie par message, je crois que j’avais tout mélangé.
Et c’est normal.
Quand on sort de ça, on ne sait plus ce qui est “normal” ou non
𓆸 On est en mille morceaux, à essayer de se reconstruire et à retrouver une relation saine et équilibrée.
C’est pour ça que je comprends profondément la “mode” qu’il y a sur les réseaux à utiliser le mot “toxique” à tout va.
Parce que je crois qu’on est beaucoup plus qu’on ne le croit à avoir vécu ça, et qu’on ne veut surtout pas le revivre.
Mais tout n’est pas toxique.
Parfois, certains comportements sont irrespectueux, maladroits, mais ça ne signifie pas que la relation est toxique pour autant
Je ne dis pas qu’il faille excuser toutes les erreurs.
Mais je ne crois pas qu’un homme qui fasse une erreur devienne une personne toxique.
Parce que le toxique, je vous assure, c’est bien plus insidieux que ça : ça s’intègre, lentement, insidieusement, dans la relation. Jusqu’à ce que vous ne vous en rendiez même plus compte.
D’ailleurs, je pense sincèrement que même si vous étiez actuellement dans une relation toxique, vous ne le sauriez pas
✦ Parce que notre cerveau fait ce qu’il sait faire de mieux : nous protéger.
Et parfois, c’est nous garder dans le déni, pour qu’on survive.
Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit dans ce genre de relation : de survie.
J’espère que ces mots - plus crus que d’habitude - auront pu résonner et remettre un peu de nuance sur ce sujet si délicat et difficile à aborder.
Et si vous vivez ou avez vécu une relation toxique, je suis de tout coeur avec vous, je sais ce que c’est.
Mais ce que je peux vous dire, c’est qu’on s’en relève. On se répare, jour après jour. On se reconstruit.
C’est un long chemin, souvent douloureux. Mais une fois qu’on l’a traversé, on se sent plus forte et plus confiante qu’on ne l’a jamais été.
Je vous embrasse fort.
À mardi prochain,
Florine